Mardi 26 mai 2009
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Voici une sorte de chronique écrite après la cessation existentielle et administrative de l'ancien dictateur irakien. Quant à la
photo de cet article, je n'ai pas trouvé meilleur symbole pour la réconciliation des puissants mammifères de ce monde. La seule peine de mort qui vaille, selon moi, l'est à titre posthume.
Cependant, si vous n'êtes pas d'accord avec mes propos et si vous possédez une guillotine affûtée, je tiens à dire ici publiquement et le plus sincèrement du monde que j'aime beaucoup ce que vous
faites.
Depuis que ce
siècle est né, les projets des dictateurs passent souvent à la trappe. Pour Saddam Hussein, ça lui pendait au nez.
La peine de mort, moi je suis contre, parce que j'ai la trouille : voyons, si j'accepte et cautionne la peine de mort,
cela signifie que je suis prêt à l'appliquer moi-même, cela signifie que je suis prêt à pousser moi-même le tabouret, à
injecter de ma propre main la dose définitive dans la veine du condamné, à appuyer sur l'interrupteur capital. Non, il m'est inimaginable de tuer sciemment et méthodiquement un homme... Une
femme peut-être... Non ! il m'est inimaginable de tuer sciemment et méthodiquement un homme ou une femme, fût-ce la pire des crapules qui puisse
exister. Je suggère d'ailleurs aux nombreux partisans de la peine de mort de le faire eux-mêmes. Devant le fait à accomplir, beaucoup rechigneraient. Je les imagine embarrassés, émus, tremblants,
effrayés, horrifiés face au regard implorant du condamné car c'est peut-être un taliban, un violeur, un assassin ou un socialiste, mais c'est quand même un être humain !
Par Yann Pierre
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